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Origine de la Pythie

Jadis des chèvres, dit-on, découvrirent l'oracle [...] Il y avait un trou dans le sol à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'adyton du sanctuaire. Les chèvres paissaient à l'entour [...] chaque fois qu'une bête s'approchait du trou et se penchait vers l'intérieur, elle se mettait à bondir de façon bizarre et faisait entendre des bêlements anormaux.

Le berger, surpris de ce phénomène, s'approcha du trou et ressentit les mêmes symptômes que les chèvres : celles-ci se comportaient comme des possédés ; l'homme, lui, prédisait l'avenir. Quiconque approchait du trou entrait en état de transes. Ce fut la raison pour laquelle l'oracle fut considéré comme le sanctuaire prophétique de la Terre [...] Comme nombre de gens sautaient dans le trou et, en raison de leur état de possession y disparaissaient, les habitants [...] nommèrent une femme, seule prophétesse pour tous.

Ils lui fabriquèrent un appareil du haut duquel elle pût en toute sécurité entrer en transes [...] l'appareil avait trois points d'appui et c'est pourquoi on l'appela trépied [...]

A l'époque ancienne les oracles étaient rendus par des vierges parce qu'elles étaient physiquement intactes et de la même nature qu'Artémis : c'était une disposition favorable pour garder le secret.

Diodore de Sicile
  


La Pythie (F')

Def : Les Oracles sont les avertissements ou conseils d'un dieu qui s'exprime par la bouche d'une prêtresse ou par l'intermédiaire d'un phénomène naturel dans un lieu sacré.
  

Ainsi l'Oracle de Dodone exprimait la volonté de Zeus par le bruissement des feuilles du bois sacré, ou encore la Pythie, prêtresse d'Apollon à Delphes qui officiait au dessus d'un trou dans le sol d'où s'exhalaient sous forme de senteurs les volontés du dieu traduites sous formes de phrases sibyllines.
Ils permettaient de prendre des décisions en fonction de la volonté des dieux.

On venait consulter pour des conseils aussi bien politiques que personnels. On pouvait aussi bien venir s'y purifier d'un meurtre, que chercher à savoir si la récolte serait bonne. L'oracle était la preuve d'une soumission des mortels aux destinées divines, et même les héros ne pouvaient s'y soustraire.

L'oracle le plus célèbre était rendu par la Pythie de Delphes appelée à l'origine "sibylle Delphique".
Sur ce site sacré où Apollon avait tué de ses flèches le serpent Python, une femme d'abord choisie parmi les jeunes vierges locales était introduite dans l'antre du dieu quand les signes étaient favorables.

Après s'être purifiée à la fontaine Castalie et dans les volutes d'un feu de laurier, elle prenait une feuille de laurier dans sa bouche et venait s'asseoir sur le trépied sacré. Là, elle entrait en transes, enivrée par les vapeurs méphitiques s'échappant des anfractuosités du sol.
Les consultants étaient conduits derrière un rideau, puis posaient des questions. Elle délirait alors dans un langage incompréhensible que des exégètes, moyennant finance, interprétaient volontairement de façon ambiguë .

L'exemple le plus connu du caractère "sibyllin" des oracles est celui donné par la Pythie à l'envoyé de Crésus, roi de Lydie. Lorsque celui-ci lui demanda s'il devait faire la guerre aux Perses, elle lui répondit que s'il faisait la guerre un grand empire serait détruit. 
Fort de ces conseils Crésus fit la guerre aux Perses et un grand empire fut détruit... Le sien !